Après l’effervescence de la belle Valparaiso, nous décidons de nous poser quelques jours en bord d’océan. Ceci n’était pas initialement prévu dans notre itinéraire, mais quelques raisons nous ont amenées à faire cette agréable étape.

La première étant que nous attendons une nouvelle carte bleue ! Nous avons goûté à une des spécialités d’Amérique du Sud qui est le clonage de carte, sans se la faire voler, nous nous sommes fait piraté les numéros et après quelques retraits d’argent au Pérou et un coup de fil de la banque, nous avons dû faire opposition. Nous attendons donc sa livraison au consulat ( merci à la famille en France de nous avoir simplifié la vie!).

La deuxième étant liée à notre ardeur de découverte, en effet ceux qui nous connaissent en France savent que nous sommes de bons vivants et que nous aimons bien manger ! Nous essayons donc depuis le départ tout ce qui nous est inconnu en matière culinaire. Il s’agit surtout de fruits qui n’existent pas dans notre hémisphère ( avec de belles et de moins belles découvertes!), mais aussi des plats. Une des spécialités dont les chiliens raffolent le midi s’appelle le « completo « , c’est un espèce de hot dog agrémenté d’une purée d’avocat, de tomates et d’une sauce blanche étrange. Pas vraiment bon en soit, il nous a valu à tous les deux quelques journées de désagréments digestifs assez fulgurants dont l’élégance nous pousse à ne pas vous livrer plus de détails !

Des classiques de voyage auxquels nous étions préparés, sans incidence grave, et qui nous ont amené a Horcón, petit village de pêcheur au bord du pacifique. Le temps de faire face a l’imprévu, comme dans un morceau de jazz où certaines harmoniques éphémères peuvent nous transcender sans crier gare, Horcon nous a permis de passer quelques beaux jours de vacances dans le voyage.

Ce village n’a pas connu l’expansion économique de certaines régions chiliennes, ici encore on a l’impression que le temps s’est arrêté, des maisons simples, des pistes sableuses pour rues et de jolies plages sur une côte découpée.
On y ressent un air d’Andalousie chilienne, les bougainvilliers, les eucalyptus ,les pins et différentes sortes de cactus forment des îlots verts sur une terre aride.
Les plages sont belles et sauvages, des petites criques au bord de falaises affrontent un pacifique toujours aussi puissant, délivrant ses rouleaux inexorablement ( et pour notre plus grand plaisir ! même si clairement il faut être prudent pour la baignade, les courants sont vraiment forts !).


Quelques jours fort agréables avec du temps. Le temps est notre grand luxe , le temps de s’adapter au monde que l’on perçoit, aux gens que l’on rencontre.
Le temps aussi de faire un premier bilan sur cette première partie de voyage, de comprendre que même si nous avons versé une larme devant un glacier, que même si nous sommes restés fascinés devant une montagne de granit au point de la sentir vibrer,  que même si nous sommes restés béats devant des volcans, l’essentiel n’est pas là.
Effectivement l’essentiel n’est pas dans tout ce que nous avons vu, mais beaucoup plus dans tout ce que nous avons déjà appris ! Et une des choses que nous avons appris c’est qu’en définitive nous ignorons tellement …
À certains moments nous aurions voulu être géologues pour comprendre les volcans, à d’autres nous aurions voulu être botaniste pour nommer de jolies fleurs. De tout façon une vie ne suffirait pas à nos cerveaux étriqués pour tout comprendre !!
Cela n’a rien de grave en soit, on le droit de ne pas savoir, par contre nous nous devons d’être curieux comme les enfants, de juste se demander pourquoi. Par bonheur la curiosité nous a déjà amené à briser nos certitudes et nous donne tous les jours la soif d’apprendre, de voir, et de tenter de comprendre.

Baudelaire a déjà conclu mieux que nous il y a plus d’un siècle, nous allons donc lui emprunter quelques vers:

« …Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux les matins prennent un libre essor,
Qui plane sur la vie et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes! »

– Élévation, les fleurs du mal-

Une petite bande son pour finir, Strunz et Farah, avec le titre « Americas » sur l’album « caracol  » ou comment un mexicain et un iranien ont uni leurs guitares en Andalousie pour créer des mélodies harmonieuses qui respirent le soleil à chaque note, devant le pacifique ça marche aussi !

🌈 Maureen et Vincent 🌈
🙏 En armonía  🙏

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