Rétablis et remis de nos efforts précédents, nous décidons de continuer notre exploration de la culture bolivienne par une journée d’histoire, en allant découvrir Tiwanaku, un site pré-inca qui abrite de nombreuses ruines de la civilisation éponyme.

Cette civilisation, qui commence en 1500 av. JC pour perdurer jusqu’en 1200 ap. JC, reste encore très mystérieuse pour beaucoup d’historiens et archéologues, les traces en sont rares et il ne subsiste pas d’écrits à l’heure actuelle. Un des problèmes majeurs étant que la « conquête espagnole » a détruit beaucoup de leur patrimoine pour ériger des églises, puisque bien sûr le but de la « conquista » était d’évangéliser. Les espagnols n’étant bien-sûr pas venus pour l’or et les richesses proliférant dans le pays…

Cette civilisation est impressionnante, les temples et édifices sont toujours en rapports avec la nature, leurs dieux étant le soleil, la lune, les étoiles, la terre et le magma, l’ensemble donnant naissance à la Pacchamama !

Leurs connaissances en astronomie, basées uniquement sur l’observation, sont incroyables.

Les différentes portes des temples sont alignées aux solstices et aux équinoxes, les dômes sont eux alignés aux constellations, celles de la Croix du sud et d’Orion en sont les principaux piliers.

Il subsiste encore quelques monolithes, de 2 à 7 mètres de haut, représentant déjà l’éternelle dualité de l’Homme, le paradoxe, rien ne se définissant sans contraire, l’équilibre sans la chute, le néant sans la plénitude, et la terre sans les étoiles…

Ayant tenté d’effleurer cette culture qui naquit bien avant les incas et qui ne se chevauchât pas avec la civilisation la plus connue d’Amérique latine, nous décidons ensuite de partir sur un des chemins de l’Inca. Le fameux « trek del Choro » sera donc la suite de la route pour nos pieds.

Les incas (et tant d’autres) avaient déjà bien compris à l’époque que pour préserver la paix et unir les hommes il faillait mieux construire des routes plutôt que des murs…

Ils ont donc dans une grande partie de leur royaume, s’étendant à son apogée de la Colombie jusqu’à Santiago du Chili, construit des chemins en partie pavés facilitant les échanges commerciaux et humains à travers la cordillère.

Ce fameux trek de 57 km part à quelques encablures de La Paz à 4400m, monte jusqu’à 4900m à travers la cordillera Yungas, pour redescendre ensuite à travers la selva (la forêt pré-amazonienne) jusqu’au village d’El Chairo.

Un trek aux multiples facettes, qui commence par des paysages de haute montagne, des glaciers, des pentes abruptes, et des lamas pour terminer dans une forêt luxuriante remplie de bananiers, de papillons multicolores, de moustiques et des singes.

Contraste aussi dans les rencontres humaines, puisque seulement à quelques kilomètres  de La Paz, nous rencontrons des maisons d’autochtones, semblant vivre hors du temps et de nos réalités, isolées du monde soit disant moderne et vivant sans grand confort à 2 jours de marche de toute civilisation.

La simplicité des rapports humains nous réchauffera le cœur, nous distribuons quelques chocolats aux enfants pour faciliter les contacts ( ça marche aux quatre coins du monde!), les adultes nous demandant plutôt des médicaments, une tablette de doliprane offerte provoquant le même sourire jusqu’aux oreilles que ceux d’enfants à qui l’on donne un bonbon.

En discutant avec une jolie petite fille de 12 ans elle nous explique son quotidien, elle marche 2 h le matin pour aller à l’école ( 1000 m de dénivelé plus haut!) et redescend par le même chemin, en ballerines usées, le soir. Décidément les chemins de l’école ne sont pas les mêmes pour tous..

Trois belles journées de marche et d’effort, même si pour les anecdotes nous vous laissons deviner qui a prononcé cette phrase en tout début de trek « merde j’ai oublié la casserole ! », ou bien encore qui a remporté le match du nombre de chutes sur ces chemins pavés (la neige, le brouillard, la boue et la pluie nous ayant accompagnés sur la première journée), le score étant de 9 chutes à 5!

Quelques fibres musculaires en moins, nous voilà de retour à La Paz, nous décidons d’appréhender une autre facette de la culture sportive de Bolivie. En effet après l’universel football, les boliviens sont fans de catch, mais pas un catch de « gringos », un catch beaucoup plus atypique! Ici ce sont principalement les combats entre femmes , les « cholitas », qui font sensation. Elles se battent en tenue traditionnelle dans des rounds bien orchestrés, aux scénarios pré-etablis et classiques ( l’arbitre étant toujours corrompu!). Il s’en dégage un tableau drôle et populaire, totalement kitch et décalé. La classique sortie du dimanche bolivien nous aura bien surpris et donné un grand sourire !

Il est temps pour nous de quitter la région de La Paz, forts de toutes ces belles expériences, et de nous diriger vers le lac Titicaca.

Nous n’oublierons pas toutes ces grands-mères, esseulées vivant dans la rue , à qui nous aurons donné quelques bananes ou quelques pesos et dont les sourires de remerciements vous percent le cœur. Tout ces enfants aussi, sales et en guenilles, n’ayant pas accès à l’éducation et lavant les pare-brises ou cirant des chaussures pour tenter d’améliorer leur quotidien.

Nous sommes en 2017, il y a plus de 2000 ans les tiwanakus avaient déjà compris beaucoup de choses aux étoiles, maintenant nous savons envoyer des hommes et des satellites dans l’espace, et nous n’avons toujours pas réussi, ici ou ailleurs, à résoudre nos problèmes d’accès justes et équitables à l’éducation, aux soins, et à un simple endroit chaud et sécurisé pour dormir…

La bande son, plus légère et joyeuse, avec Luis Fonsi et le titre « despacito », de la bonne soupe latina que l’on entend partout ici, parce que la soupe des fois ça fait du bien à écouter, ça donne le sourire, même si elle a meilleur goût quand tout le monde peut en manger…

Nous vous embrassons

🙏 Maureen et Vincent 🙏

🌈 ¡ Sopa (de mani) para todos ! 🌈

Les infos en plus:

  • La page Facebook et le site de cholitas wrestling pour les amateurs de coup de la corde à linge et de prise de soumission… Ici Cholitas wrestling
  • Et pour les amateurs de toiles andines colorées, l’artiste Mamani Mamani devrait vous plaire, nous avons visité sa superbe galerie à La Paz, un coup de cœur… Ici Mamani Mamani
Publicités