Après La Paz, nous voilà naturellement arrivés sur les rives du lac Titicaca, un des plus haut du monde à 3800 (et quelques!) mètres d’altitude.

Il est beau ce lac, grand, immense même, on a plus l’impression d’une mer perdue dans les montagnes.

Des côtes découpées, du bleu à l’horizon, et au loin les sommets blancs de la cordillère qui tentent de chatouiller le ciel.

L’ambiance change, la vie est calme, et nous sentons que nous sommes en terre sacrée pour bon nombres d’andins.

En effet, c’est ici que selon la légende sont nés Manco Capac et Mama Ocllo, dans les années 1300, lui est fils du soleil (Inti), elle est fille de la lune (Quilla), ils sont époux et frère et sœur ( si vous aimez la psychanalyse il y aurait quelques années à passer sur un divan!).

Inti et Quilla sont nés, comme Wara (les étoiles), de Viracocha, le dieu créateur.

Il seraient apparut de l’écume du lac, pour ensuite aller sur l’île du soleil et de la lune.

De là, ils seraient partis avec le sceptre d’or pour fonder la civilisation Inca (le chef en quechua) et sa capitale Cusco (le nombril toujours en quechua).

Nous avons visité ces deux îles et le charme a opéré, on se prend au jeu de cette civilisation qui nous décontenance, la beauté du site aide, et l’imagination travaille à la vue des ruines, de toutes ces marques laissées par les civilisation inca et pré-inca.

En quelques années les incas ont réussis à fédérer presque la moitié de l’Amérique latine, et de manière plus pacifique que belliqueuse, proposant l’échange de technologies, la création de voie de communication et de savoir ( en médecine et architecture notamment) plutôt que la guerre et la violence.

Tenter de comprendre les incas est complexe, nos esprit judéo-chrétiens formatés à l’analyse et la synthèse sont un peu perdus, les andins ne raisonnent pas comme nous. Il s’agit en fait beaucoup plus de juxtapositions de cultures diverses que les incas ont unis en moins de deux siècles d’existence.

Nous allons donc tout naturellement suivre ce chemin de l’Inca, en nous rendant vers Cusco et essayer d’en apprendre un peu plus…Et pour cela il nous faut passer une nouvelle frontière en direction du Pérou !

La Bolivie nous a enchanté, ce pays que nous ne connaissions pas nous a offert beaucoup. Authentique, remplie de beautés naturelles, et de belles personnes, nous la quittons à regret au bout de nos 30 jours de visa, avec l’envie de revenir et d’approfondir ce coup de cœur de voyage !

Si vous avez l’envie et l’occasion un seul conseil : foncez en Bolivie !

Cusco, le nombril de l’Inca…

Après un voyage en bus animé ( groupe d’argentins bruyant, voisins qui empestent) et un passage de frontière plus tard, nous arrivons à Cusco !

La ville est belle, la vie a l’air douce, le marché est animé et rempli de stand où l’on peut se restaurer à foison, de l’avocat, des fèves en tout genres, des jus, des épices ! Nous venons de trouver notre nouvelle cantine !

Avant de nous mettre en route pour le Machu Picchu, nous décidons de parfaire notre culture andine par une visite de la ville et de son musée de l’inca… Un beau voyage à travers l’histoire du Machu Picchu, sa découverte soit disant fortuite en 1911 par Hiram Bingham, un archéologue américain, parti pour découvrir la dernière cité d’or des incas, il aura en fait découvert la citadelle mythique des Andes.

Nous partons le lendemain pour une petite randonnée de quelques heures et 800 m de dénivelé, pour atteindre la cime de la fameuse montagne aux 7 couleurs ( la montagne arc en ciel!) qui culmine à 5100m.

Son vrai nom en Quechua est la montagne bracelet, elle est le fruit de l’érosion et de phénomènes géologiques l’organisant en strates de différents minerais ( argent, fer, cuivre, souffre…).

Le tableau est saisissant, une palette naturelle se dessine sous nos yeux .

Le seul problème c’est que cela fait peu de temps que le site a pris une grande ampleur touristique, du coup des hordes de gens viennent la voir, le sentier devient une autoroute pour touristes.

Enormément de personnes arrivent juste à Cusco et filent à l’ascension de cette montagne, pensant être une simple attraction, sans se souvenir que nous sommes en montagne et que sans respecter quelques lois de physiologie ( s’acclimater, marcher doucement) il est difficile de monter à 5000m! Les chaussures derniers cris, les vêtements techniques où les bâtons de marche fluorescents n’y font rien! Nous croisons donc sans cesse des gens donnant l’impression d’être au bout de leur vie, trébuchant et glissant, usés par l’altitude. Le plus drôle c’est que les locaux l’ont bien compris, n’hésitant pas à monnayer la montée à cheval! Eux sont juste habillés de ponchos traditionnels en laine d’alpacas, pieds nus dans des sandales en cuir toute simples, ils effectuent des allers-retours à une vitesse qui nous impressionne ! Ils marchent dans la boue et nous ne les avons jamais vu glisser! Par contre à y regarder de plus près leur technique de marche est parfaite, les appuis sont pleins de légèreté et de solidité, la vision du chemin est limpide.

Comme quoi, en revenir toujours à nos fondamentaux naturels est le chemin de la légèreté, l’entraînement fonctionne toujours mieux que les grandes théories consuméristes sur la montagne !

Le voyage continue, nous surprenant, nous donnant envie et nous en apprenant tellement.

Des incas notre culture était plutôt limitée aux aventures d’Esteban dans le dessin animé les cités d’or qui avaient bercées nos jeunesses ! Le chemin jusqu’ici nous fait découvrir chaque jour la richesse de cette culture, nous forçant à ouvrir les yeux et nos cœurs vers autre chose, une inconnue que l’on ne connaît pas et qui souvent s’appelle : nous même!

Sur un petit air de Gladys Moreno, la Edith Piaf bolivienne, parce que la beauté de son interprétation colle si bien à la beauté de cette montagne…

Nous vous embrassons tous.

🙏 Maureen et Vincent 🙏

🌈 ¡ Arco iris de 7 colores !🌈

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