Nous venons de quitter Arequipa, les 6025 mètres du volcan Chachani sont derrière nous et nous marchons de nouveau à travers les Andes, cette fois-ci en direction de Huaraz, la capitale péruvienne du trek, et de la fameuse cordillère blanche. La particularité de cette partie montagneuse réside dans le fait que c’est la plus haute du Pérou, avec notamment le Huascaran qui culmine à plus de 6700m!

Quand nous arrivons à Huaraz nous comprenons vite pourquoi on l’appelle cordillère blanche ! Tous les sommets sont blancs à 360 degrés autour de nous ! Tantôt volcaniques, souvent rocailleux, des fois basaltiques mais toujours aussi puissants et attirants, nous n’avions pas encore vu la cordillère ainsi !

Le lendemain de notre arrivée, (plutôt que de nous reposer de l’ascension précédente!) nous décidons de partir à la découverte du glacier Pastoruri et de sa lagune. Il culmine à un peu plus de 5000m, mais sa visite est aisée puisque le bus nous dépose à hauteur de Mont Blanc!

La route est passionnante, elle nous permet de découvrir la « Puya Raimondii », cette plante de la famille de l’ananas, qui pousse pendant 40 à 100 ans pour fleurir une seule fois, délivrer 12 millions de graines ( dont une seule finit en moyenne par germer) et ensuite mourir… La nature a elle aussi prévue l’humilité…

Arrivés au glacier le spectacle naturel est toujours aussi époustouflant, on ne peut se lasser ni se blaser, et nous vous laissons admirer la beauté de la scène par ces quelques photos!

Le lendemain nous partons nous livrer à une de nos activités favorites : la marche! Nous avons décidé de partir 3 jours en autonomie pour faire le trek le plus connu de la région, celui que l’on appelle le « Santa Cruz ».

Nous partons donc à 4 h du matin pour prendre un premier bus, enfin un « collectivo », ce sont ces minibus d’Amérique Latine où le terme collectif prend tout son sens! Un vrai transport en commun ! En effet de bon matin le minibus est déjà rempli (18 personnes pour une capacité de 15!) mais cela ne dérange ni ne choque personne ici, ça favorise les contacts humains! Ce qui surprend plus, ce sont 2 européens, dont une possédant des caractéristiques capillaires peu répandues dans la région (blonde et frisée, contre le noir et raide des femmes andines), et l’autre ne possédant pas de caractéristique capillaire du tout! Dans un bus rempli de locaux, ça dénote un peu, mais les paroles et les regards sont toujours avenants et amusants! Éloge des différences…

Après un voyage épique pour rejoindre le départ du trek (plus de 3 heures de piste), nous voilà donc en marche !

Encore une fois nous sommes surpris et curieux, la cordillère ne nous avait jamais offert ce genre de paysage! Nous avons l’impression que ceux-ci sortent tout droit de l’imaginaire de Tolkien, nous commençons dans la comté de Frodon Sacquet, pour ensuite passer le col dans les escaliers du Mordor !

La marche est belle et sympathique, le sentier est beau, bien tracé et pas trop ardu pour une fois! Le problème c’est que nous sommes en haute montagne, et que nous avons négligé notre physiologie! En effet nous sommes un peu pressé par le temps (nos parents nous rejoignent en Equateur) et nous avons mal récupéré de l’ascension du Chachani.

Et oui, 30 h de bus et le glacier à 5000m le lendemain ne valent pas un bon lit, une petite marche et quelques bonnes bières!

Nous allons donc souffrir un peu (surtout Vincent, un peu au bout de sa vie lors de l’ascension qui mène à la lagune), pour effectuer les 57 km du trek, dont une bonne cinquantaine au dessus de 4000 m! Comme quoi tous ces chiffres d’altitudes, de dénivelés, de distances ne sont que des valeurs absolues et n’ont pas grand sens sans la typologie du sentier, la météo et l’état de forme…La montagne a sa propre force, son propre pouvoir sur nos petits êtres…

Heureusement la nature nous offre de belles récompenses ! La sensation d’une liberté totale au milieu des sommets et des animaux qui y habitent. Notre premier bivouac au milieu de nulle part à 4600 m restera un souvenir magique!

Le deuxième, à côté d’un torrent où nous serons réveillé par un âne tentant de nous déloger pour un peu de nourriture, sera lui aussi inoubliable!

Nous terminerons le trek en meilleur forme qu’à son commencement ! Seulement la nature et le cœur vous offrent cette liberté, et cette force qui vous donnent l’impression de pouvoir déplacer des montagnes (même celles de la cordillère blanche!).

Après ces quelques jours, nous partons nous lénifier sur la côte péruvienne à Trujillo. L’occasion d’une étape avant de rejoindre Quito, pour découvrir quelques sites archéologiques surprenants des civilisations pré-incas, que sont les « Moche » et les « Chimù ». Des temples de boue alignés sur les étoiles, et toujours dédiés au soleil et à la lune…

Il est maintenant temps pour nous de reprendre le bus et de filer en direction de l’Equateur, le Pérou nous aura enchanté, tant par la beauté de ses montagnes, que par sa richesse culturelle et la gentillesse de ses habitants.

Une petite bande son énergique et groovy avec Vintage Trouble et le titre « Knock Me Out », parce que les treks au Pérou auront quand même été sacrément Rock’N’roll!

Nous vous embrassons.

 

🌈 Maureen et Vincent 🌈

🙏 ¡ Ganas de montaña!🙏

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