Nous voilà arrivés à Quito, et nous allons laisser la plume cette semaine, puisque nos parents sont venus nous retrouver… C’est donc Denys qui a la lourde responsabilité de vous faire vivre nos retrouvailles, et nos découvertes autour de la capitale équatorienne…

 

 » La semaine du 22 au 28 Mai fut exceptionnelle, centrée sur Quito, capitale de l’Equateur, blottie au cœur de la Cordillère des Andes à 2800m, entourée de sommets volcaniques de plus de 6000m.

Il fallait d’abord honorer un rendez-vous de retrouvailles le 22 à 16h à l’aéroport de Quito. Dans ce but, Maureen et Vincent ont passé 8 heures de nuit en car, de Guyaquil à Quito pour arriver au petit matin à la gare routière de Quito, distante de 35km de l’aéroport. Ils devaient accueillir les parents de Vincent, venant de l’Yonne, via Paris et Amsterdam, au terme d’un long voyage de 20 heures. Malgré la fatigue, ce fut un moment intense en émotion et en joie que de se retrouver après quatre mois de séparation !

Ces retrouvailles familiales étaient complétées par des retrouvailles amicales. En effet nous devions retrouver Luis, un chirurgien équatorien que les parents de Vincent connaissent depuis 45 ans. Luis et Denys avaient été internes en 1972 à l’hôpital de Fontainebleau et ont ensuite entretenu leur amitié au point qu’un été – Vincent avait alors 11 ans – les vacances familiales des Barrault se sont déroulées à Quito chez Luis.

En 25 ans, Quito s’est étendue et s’est développée. La misère visible dans les rues a fortement baissé et plusieurs nous ont dit qu’on ne mourrait plus de faim en Equateur. En effet, l’Equateur a de multiples richesses naturelles par son sous sol riche en pétrole, par son climat stable sans saisons, par sa flore et sa faune exceptionnelles, allant de zones de haute montagne à l’humidité de l’Amazonie et à la chaleur de la cote du Pacifique. L’Equateur est devenu le premier producteur mondial de bananes et de roses, les exportant jusqu’à nos domiciles français.

Ce sont toutes ces richesses que nous allons découvrir au cours de la semaine, sous la conduite de Luis et de son épouse Anita.

Le marché des lainages d’Ottavalo est extraordinaire par ses couleurs vives et contrastées et par la qualité des laines provenant des alpagas, lamas et moutons.

Le village d’Imbara est spécialisé dans la sculpture du bois et le choix des œuvres est considérable allant de figures allégoriques ou religieuses à des corps bien ciselés et des visages expressifs.

Entre ces deux villages, le lac Cuicocha nous a retenus quelques temps à 3200m d’altitude. Il occupe un cratère volcanique typique de 12 km de diamètre et de 300m de profondeur. Il n’a pas de poisson mais rejette continuellement des gaz que l’on voit sous forme de bouillonnement à la surface de l’eau.

Un peu plus haut, nous nous sommes prélassés sur le site de Papallacta, lieu thermal où les failles volcaniques nous offrent une eau chaude naturelle à 40 degrés. Entourés de fleurs abondantes et inconnues en France, des petits bassins aménagés nous accueillent pour nous baigner, alors que le climat environnant est maussade, frais, nuageux et bruineux. Le plus dur est de se dévêtir, mais une fois dans l’eau, on y reste et on se croit dans un jardin d’Eden.

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En perdant de l’altitude et en nous dirigeant vers l’Est, nous abordons un autre climat, celui de l’Amazonie, beaucoup plus chaud et humide. La végétation surabondante en arbres, lianes, plantes et fleurs, abrite une faune originale qui nous surprend et nous instruit. Lors d’une étape dans une hosteria, nous nous sommes retrouvés au milieu d’une colonie d’une centaine de petits singes qui nous ont offert un spectacle acrobatique extraordinaire de sauts aériens. L’un d’entre eux est venu subrepticement dans la cuisine dérober un paquet de farine et le tenait par la queue pendant que ses membres lui permettaient d’escalader.

En pénétrant davantage en Amazonie et en nous promenant à pied, nous avons observé d’autres animaux, des oiseaux très colorés, des aras, des tarentules, des serpents, des foules d’insectes et de petits animaux qui se confondent sur la végétation. Cette faune évolue dans une flore très riche en fleurs diversement colorées et nous avons vu des arbres et des troncs d’arbres morts, couverts d’orchidées. L’eau coule abondamment avec des rus multiples et des cascades majestueuses, convergeant vers le fleuve Amazone.

Toutes ces richesses extraordinaires se situent à moins de 100km de Quito qui est une ville contrastée de 2 millions et demi d’habitants, avec des quartiers pauvres comme des favellas, et des quartiers aisés où chaque maison est entourée de hauts murs et de systèmes de protection (caméras, clôtures électriques, portes blindées, gardiennage). Dans ces quartiers, on y trouve des boulangers français et des établissements privés de santé ou d’éducation.

Le centre historique de Quito est dominé par l’ère coloniale avec des églises surchargées en dorures, sculptures, statues, tableaux, luminaires et fleurs, comme la Merced, le convent San Francisco, la compagnie de Jésus. Pendant notre semaine, le palais présidentiel était couvert de tentures colorées pour célébrer le changement de président de la République. Au pied de ce palais, sous ses arcades, stationnaient les nombreux cireurs de chaussures, les vendeurs de journaux ou de fruits. Et le bruit des voitures était couvert d’interpellations multiples, « El commercio », « mandarinas », « papayas », «pinas ». De nombreuses femmes proposent des sacs de 5 pommes ou de 10 mandarines, ou des morceaux d’ananas, pour un dollar. Elles sont pauvres mais ne mendient pas. Elles vendent des fruits. D’autres vendent des fleurs ou des glaces. Ces femmes et ces hommes sont fiers. Ils sont petits (150 à 160cm pour la plupart), rablés, toniques.  Ils marchent et ils portent beaucoup. Ils travaillent durement. Ils ne se plaignent pas.

Au terme de cette semaine exceptionnelle, les parents de Vincent sont rentrés en France, laissant Maureen et Vincent poursuivre leur périple en amoureux curieux, en Equateur, puis en Amérique du Nord. »

Denys et Marie Laure

Nous ajouterons juste quelques photos de notre visite de la surprenante et captivante fondation Guayasamin, le grand peintre équatorien, aux toiles si uniques, le beau ne connait pas non plus de frontière …

La petite bande son de la semaine, un brin nostalgique puisque Chris Cornell nous a quitté il y a peu, il était a l’instar d’Eddie Vedder, de Kurt Cobain ou de Trent Reznor un des grands auteurs compositeurs du rock américain des années 90, on réécoute donc tous les albums de Soungarden et de Audioslave,  « Superunknown » en particulier.

« Peindre est une forme d’expression comme le cri, c’est la plus haute conséquence de l’amour et de la solitude »      – Oswaldo Guayasamin –

 

Un grand merci à nos parents de nous avoir rejoint, une semaine sympathique en famille au milieu du voyage ça fait du bien, surtout avec des standards de conforts à la hausse!

Un grand merci aussi à Luis et Anita pour la gentillesse de leur accueil et leur amour de leur si beau pays.

🌈 Maureen et Vincent 🌈

🙏 Latitud 0’0’0 🙏

 

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