Après la merveilleuse baie d’Halong terrestre, notre chemin vers le sud nous emmène en direction de la cité impériale de Hué. Sa citadelle fut pendant plusieurs siècles le lieu de résidence des empereurs d’une partie du royaume vietnamien. Aux accents très chinois, la citadelle a beaucoup de similitudes avec la cité interdite de Pékin, et une architecture toute asiatique, majestueuse, ornée de dragons et aux lignes souples contrastant avec la rigueur des perpendiculaires européennes.

La citadelle est le principal point d’intérêt de la ville ainsi que ses tombeaux impériaux. En effet la ville a été en bonne partie détruite pendant la guerre avec les américains, notamment pendant l’offensive du têt, mais nous y reviendrons un peu plus tard …

L’autre intérêt de Hué réside, comme souvent au Vietnam, dans les spécificités de sa gastronomie, notamment avec son plat emblématique du « bun bo hué ». Un plat délicieux composé de nouilles de riz, de bœuf, d’épices, de cacahuètes et de légumes baignants dans un bouillon tout à fait succulent !

En continuant vers le sud nous arriverons vers Hoi An, très jolie petite ville qui fait partie des rares cités à avoir survécues à la guerre sans que son centre historique ne soit dévasté par des tonnes de bombes.

Le charme et la douceur de vivre opèrent dans cette petite Venise bordée d’eau, elle nous fera rester quelques jours, découvrant ses coutumes, ses pagodes et bien sûr ses spécialités culinaires : les raviolis « White rose », le « mi quang » (encore des nouilles !) et les soupes nous raviront!

Nous ferons ensuite quelques étapes pour rejoindre Ho Chi Minh ( Saïgon ), la première fut à Nha Trang, une station balnéaire sans aucun charme, où la culture vietnamienne est inexistante puisqu’elle a été colonisée par le tourisme de masse (principalement russe) ce qui explique buildings et absence de finesse ! Ensuite nous irons à Mui Né, là encore une station balnéaire, plus petite cette fois-ci, avec des dunes de sable rouge atypiques en Asie, mais remplie de touristes russes en quête de chaleur! Effectivement si bon nombre de nos lecteurs sont frigorifié-e-s en France, nous luttons ici aussi mais dans l’autre sens pour maintenir notre isothermie!

Notre dernière étape au Vietnam sera donc Saïgon, l’occasion pour nous de belles rencontres puisque nous parrainons depuis quelques années des enfants vivant à Bao Thi, un petit village à une bonne centaine de kilomètres de la capitale. Ces enfants, principalement issu-e-s de familles rurales, n’ont sans aide qu’un accès très partiel à l’éducation. Le parrainage permet alors d’avoir du temps pour aller à l’école plutôt que de travailler dans les rizières, les plantations de poivre ou de café et peut être d’offrir un avenir différent. La générosité, la gentillesse, les sourires avec lesquels nous avons été accueillis nous irons droit au cœur. Les conditions de vies, rudes et spartiates, nous toucherons aussi énormément. Au terme d’une journée riche en rencontres et en émotions, nous rentrerons convaincu-e-s que le changement est possible, avec un peu de courage et un peu de coeur, un grain de sable à la fois, changer certaines choses.

Avant de partir vers le Cambodge, nous passerons une journée culturelle à Saïgon, à visiter le musée de la guerre du Vietnam. Moment intense car le musée est d’une rare violence dans ses expositions de photographies. Pour rester simple et factuel :

En 1954, après la défaite française à Dien Bien Phu, les accords de Genève divisent le pays en deux. Les américains entrent en lice, en 1973 les accords de Paris diviseront le pays en 2! En 1975 Ho Chi Minh finira par ré-unifier le pays. Le gros problème étant que de 1954 à 1973 on comptera 3 millions de morts chez les vietnamiens (dont 2 de civils), que les ravages des épandages d’agent orange auront créés le premier écocide au monde, et que les mutations génétiques qu’elles entraînent sont encore visibles aujourd’hui.

Les américains auront sacrifiés une génération en créant des machines à tuer humaines, et subiront 55 000 morts. Et plus de 60 000 soldats se suicideront une fois rentrés au pays. Décidément l’horreur est humaine.

D’où l’importance d’une bande son engagée et rock pour nous redonner le sourire, entre Masters of War de Bob Dylan ou Saïgon Bride de Joan Baez, on choisira Fortunate Son des Creedence!

C’est donc avec des espoirs de paix durable et des sourires d’enfants plein la tête que nous quitterons ce si beau pays qu’est le Vietnam!

Nous vous embrassons

🌈 Maureen et Vincent 🌈

🙏 Cam on Vietnam🙏

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